vendredi 27 mars 2009
L'Eglise persiste et signe
lundi 23 mars 2009
G lu ... "Allah n’est pas obligé" d'Ahmadou Kourouma

La guerre rythme le récit de d' horreurs lancinantes. Le Libéria où ils arrivent est un pays dont le territoire, les hommes et la fortune ont été partagés entre quatre grands bandits qui luttent pour le pouvoir : Doe, Taylor, Johnson et Koroma. Charles Taylor, formé au terrorisme et armé par des dictateurs africains alors qu'il était recherché au Libéria, son pays natal, rentra au pays pour récupérer le pouvoir par la force. Depuis, il y sème la terreur. Le Prince Johnson est un catholique illuminé qui a pris les armes au nom de Dieu et combattu tous les chefs de guerre qui voulaient prendre le pouvoir politique, même démocratiquement. Un jour, il se rendit au quartier général de l’ECOMOG, force de maintien de la paix africaine, pour y kidnapper Doe venu parler d’une paix éventuelle. Puis il le tortura et le découpa en petits morceaux. Après s’être séparé de Taylor, le Prince Johnson fonde une faction rivale du NPLF : désormais, c’est à lui qu’incombe de trouver aux soldats les moyens de subsister. Pour trouver des fonds, il se lance alors dans des opérations de raquets, d'assauts de villes minières, de kidnapping et de massacres de civils travaillant pour des compagnies étrangères, sensibles à la vie de leurs employers et donc très généreuses... La guerre produit un nombre illimité de chefs qui s'associent entre eux puis/ou s'entre-tuent au grès des intérêts du moment. Il en va de même pour les soldats qui passent d'un chef à un autres selon les conditions de vie qui leur sont promises. Le colonel Papa Le Bon, représentant du NPLF[1] dont Charles Taylor est le leader, est l'un d'entre eux. Le village de Zorzor, fief de Papa le Bon où Birahima vit sa première expérience d'enfant-soldat, constitue une sorte d’Etat dans l’Etat avec son administration, son camp de réfugiés, son arsenal, ses prisons, son temple et ses casernements d’enfants–soldats qui y assurent la sécurité dans des conditions difficiles.
Un livre complet sur les origines des conflits en Afrique de l'Ouest et leurs enjeux. Un livre d'une valeur inestimable puisqu'à la tragédie personnelle de l'enfant se joint de concert le drame national des pays en guerre. Seul un enfant pris dans les mailles étroites de la guerre pouvait en révéler toute l'absurdité.
[1] Front National Patriotique du Libéria
[2] Front Révolutionnaire Uni
vendredi 20 mars 2009
Petites médisances entre amis

Et que fait le président pendant ce temps là ? Il parade à Bruxelles où il assiste à un conseil européen en vue du prochain G20 qui aura lieu les 3 et 4 avril prochains. Un rendez-vous apparemment immanquable, bien plus important que d'être là lorsque le peuple fait entendre sa voix de manière à être écouté et entendu. La preuve : cette superbe photo des leaders européens sur laquelle Angela Merkel s'appuie amicalement sur l'épaule de notre président visiblement ravi. Tout un symbole. Le prix du mépris [pour son peuple] sans doute.
Paris Match vient d'être condamné pour avoir publié en Février des photos de Ségolène Royal au bras de celui qui a était présenté par le magazine comme son nouveau petit ami. Ce n'est pas tant cette décision qui est regrettable car elle ne fait que protéger le droit à l'image et le respect de la vie privée mais l'argumentaire de l'ex-candidate aux présidentielles, qui est le comble de la mauvaise foi. "Ce ne serait pas dommage si on me laissait un peu tranquille", a-t-elle conclu. Sa surmédiatisation depuis quelques années, aussi bien politique qu'intime, n'est rien d'autre que le fruit d'une parfaite connivence avec les médias. "Ségo au Chili", "Ségo à Gandranges", "la famille de Ségo", "Ségo aux Antilles", "Ségo...", épisodes à répétitions d'une médiatisation bien profitable pour la "victime". Que serait Ségolène Royal aujourd'hui et surtout quelle visibilité aurait-elle si les médias la laissaient tranquille ? N'oublions pas qu'elle n'est pas - c'est à se demander d'ailleurs si elle est courant - secrétaire du Parti socialiste et que seuls les militants qui lui sont fidèles suivent son actualité.
Déposons nos stylos, caméras et autres appareils photo aux pieds de Ségo : verra bien qui craquera le premier.
Souvenez-vous d'une de ces multiples mesures prise par le gouvernement en 2008 qui consistait à faire supporter aux mutuelles et assurances complémentaires le poids d'une réduction des dépenses de santé pour diminuer le déficit de la Sécu. Il était hors de question pour le gouvernement de faire payer les assurés puisque Supersarko était bel et bien le président du pouvoir d'achat. D'ailleurs Eric Woerth, notre ministre du budget, avait fait une déclaration persuasive dans ce sens : "Nous demandons aux organismes complémentaires de ne pas augmenter leurs cotisations". Si ce n'est pas persuasif ça !
Quelle surprise de constater sur mon relevé de compte que ma mutuelle a augmenté ses tarifs de plus de trois euros, soit 8% d'un coup d'un seul. Madame Bachelot, nous sommes dans une économie de type néo-libérale, pensiez-vous réellement que les mutuelles accepteraient de rogner leurs gros bénéfices pour les beaux yeux de la France ? Ou c'était une manière de faire passer en douce une mesure anti pouvoir d'achat, très impopulaire et carrément foutage de gueule après l'instauration des franchises médicales et du déremboursement de beaucoup de médicaments ? [Question naïve je sais !].
jeudi 19 mars 2009
Benoit XVI, un homme dangereux
Depuis les années 80, plus de 25 millions de personnes sont décédées de la maladie du SIDA dont 2,5 millions pour 2008. Aujourd'hui encore, plus de 33 millions de personnes sont affectées par ce virus dont 22 millions rien qu'en Afrique subsaharienne (67 % environ). Et la pandémie continue son macabre chemin. L'inflexibilité du pape sur les moyens de prévenir la maladie - le préservatif - démontre à elle seule le décalage entre une institution fondée sur des principes archaïques et les pratiques de notre époque.
L'Église prône la fidélité et l'abstinence sexuelle pour lutter contre le fléau du VIH. C'est sûrement efficace, on ne peut en douter, mais complètement utopique. L'homme est un être de passions mu par des instincts sexuels inhérents à sa condition d'humain dont la société ne le culpabilise plus. Au XXIe siècle, les individus se marient très tard, le plaisir n'est plus tabou et la liberté sexuelle est intrinsèquement liée à l'épanouissement personnel. Il faut dire qu'avoir des rapports sexuels dans l'unique but de procréer est aujourd'hui une "hérésie" sociale ! Et puis c''est oublier un peu vite que c'est souvent le seul "plaisir" qu'il reste aux populations les plus démunies. Bref, sur ce sujet là, la société a fait de grandes avancées mais l'Église n'a pas suivi. Enfin, seulement ses plus hauts dignitaires puisque dans la pratique, les curés sensés condamner les rapports sexuels hors mariage, acceptent de bénir des unions pour lesquelles il est évident que le passage à l'acte sexuel a déjà été franchi. Cette vaste hypocrisie de la part de nos grands hommes d'Eglise porterait à sourire si ce n'est qu'aujourd'hui cette farce peut coûter la vie de milliers de personnes. Remettre en cause l'efficacité du préservatif comme moyen de lutte contre la pandémie, c'est envoyer à l'abattoir des milliers de personnes qui s'en remettent à Dieu parce qu'elles n'ont pas les moyens de se payer des soins adaptés. De telles affirmations dans la bouche d'un pape, ont quasiment valeur de dogme pour des millions de personnes, ce qui pourrait anéantir les progrès faits sur place par les ONG pour informer et sensibiliser les populations les plus démunies d'Afrique, ou d'ailleurs. Pour Médecins du monde «ce sont des années de travail qui sont remises en cause et surtout ce sont des millions de personnes qui risquent d'être contaminées à cause de ces déclarations». Oui, le pape est un homme dangereux.
Certes, la distribution du préservatif n'est pas la solution au problème du SIDA mais c'est la plus efficace aujourd'hui. Seule la science résoudra l'énigme du SIDA. Il est temps que l'Eglise pour être en accord avec ses fidèles de moins en moins fidèles fasse un peu plus corps avec son temps. Après l'avancée de jean-paul II dans la compréhension, pas toujours aboutie mais comportant de sérieux progrès, on assiste à un néfaste et regrettable recul avec Benoit XVI.

mercredi 11 mars 2009
G lu.... "La malédiction d'Edgar" de Marc Dugain

Les confessions de Clyde Tolson, aux côtés d'Edgar de 1932 jusqu'à 1972, sont passionnantes à plus d'un titre : d'abord parce qu'elles nous entraînent dans les coulisses du pouvoir où John Edgar Hoover officia comme directeur du FBI pendant plus de 48 ans. Déjà en place lorsque Franklin D. Roosevelt fut élu à la présidence des Etats-Unis, Hoover a pendant toute la durée de son long mandat épié, à l'encontre des lois démocratiques du pays, tous ceux qui jouaient ou seraient amenés à jouer un rôle influent dans les hautes sphères du pouvoir. Mais aussi tous ceux qu'il jugeait, de manière arbitraire, subversifs : syndicats, mafieux, artistes... Tous sans exception, y compris les présidents en exercice, furent mis sur écoute jusque dans leur chambre à coucher. Aucun n'échappa à l'étroite surveillance de celui qui s'érigeait comme le garant de la morale.
Ensuite, ce documentaire fiction est un bijou du genre car il nous immerge dans l'esprit torturé, névrotique, égocentrique et paranoïaque de celui qui pouvait se targuer de défaire un président ou de nuire à sa réélection. Du haut de son piédestal, J. Edgar Hoover, ce virtuose de la manipulation, cet incorrigible intrigant était persuadé qu'il était le seul à même de diriger le FBI et ainsi de protéger l'Amérique de ces déviances. En réalité, il ne faisait que protéger ses arrières. Sa longue croisade contre le communisme, dans laquelle il a totalement investi le FBI, a été menée au détriment de la lutte contre un fléau plus nuisible encore : la mafia. Son anticommunisme lui a en fait servi de diversion pour protéger la mafia qui détenait des photos compromettantes sur lesquelles, à moitié nu, Hoover échangeait un baiser avec Clyde Tolson. Ces photos du directeur du FBI, une des personnes les plus influentes du pays, avec son second - dans une posture tendancieuse à une époque où toute révélation d'homosexualité anéantissait une carrière - constituèrent un moyen de pression inestimable qui assura à la mafia une immense tranquillité, du moins de la part de la police fédérale. Cet incorrigible opportuniste ne concevait pas faire autre chose que diriger le FBI et était prêt à tout pour rester le maître. Cet accord "tacite" a tissé des liens indéfectibles entre Hoover et les mobsters qui conditionnèrent de ce fait la politique intérieure américaine...
Mais encore, les révélations de Clyde Tolson sur les membres de la dynastie Kennedy, de son ascension jusqu'à sa "chute" en 1968 avec l'assassinat de Robert, consacre la démystification de cette famille dont l'aura est encore aujourd'hui intacte. Les dossiers de Hoover, récupérés par Tolson à sa mort, révélèrent que le père, Joe Kennedy que Hoover méprisait, avait fait fortune pendant la prohibition et la grande dépression, qu'il était sympathisant nazi à ses heures, coureur de jupons invétéré - gène qu'il transmit à ses fils - et qu'il rêvait de porter son fils aîné à la fonction suprême. La mort de ce dernier au cours de la guerre n'a pas freiné son ambition tenace qu'il a reporté sur second fils, John, dénué de toute ambition politique, et atteint de deux maladies incurables, la maladie d'Addisson et l'hypersexualité. Forcé par son père au mariage avec Jacqueline Bouvier pour des questions d'ordre moral et politique, le jeune sénateur réussit à se faire élire à la Maison Blanche en 1960 en grande partie grâce à l'argent de son père et à l'intervention de la mafia. Cette même mafia qui ne lui pardonna jamais la croisade que son frère Bob, nouveau ministre de la justice, lança pour court-circuiter le patron du FBI. Se sentant menacé dans ses fonctions en raison de son laxisme notoire à l'égard de la pègre, Hoover garda pour lui les menaces d'assassinats qui pesaient sur le président, puis sur son frère.
Enfin, ce manuscrit révèle les complots qui ont abouti à l'assassinat de JFK à Dallas le 22 novembre 1963, puis à celui de Robert Kennedy cinq ans plus tard. Selon Tolson qui avoue avoir mené une enquête officieuse à la demande de Hoover après l'attentat, le vice-président de Kennedy, Lindon B. Johnson, aurait commandité cet assassinat pour le compte des pétroliers texans. Ces derniers, inquiets par la lourde politique fiscale qui devait s'abattre sur leurs bénéfices, auraient exigé de Lyndon Johnson, qu'ils rinçaient généreusement depuis des années, qu'il régla le problème. D'autant plus qu'un scandale était sur le point d'exploser : Robert Kennedy avait monté un solide dossier sur l'implication du vice-président dans un détournement de fonds publics de plusieurs millions de dollars destinés aux subventions agricoles au Texas [l'unique témoin fut d'ailleurs assassiné]. Hoover, quant à lui, ne leva pas le petit doigt parce qu'il détestait les Kennedy et partageait le point de vue de ces pétro-texans qui l'avaient suffisamment arrosé, faisant de lui un homme quelque peu fortuné. Et puis Lyndon était un vieil ami d'Edgar : c'est lui qui, avant l'élection de Kennedy, a fait passer au Sénat une disposition qui assurait au directeur du FBI une retraite sans diminution de revenus. Seraient également mêlés à ce complot des membres de la mafia que l'acharnement du ministre de la justice mettait dans l'embarras et des membres de la CIA rejoints par des anticastristes déçus par le manque de réactivité de Kennedy après l'opération ratée de la baie des Cochons. L'excellente enquête du journaliste William Reymond, Le dernier témoin, arrive aux mêmes conclusions. Toujours selon Tolson, le meurtre de Bob relèverait de la même logique.
En ce qui concerne le "régicide", des dizaines de théories du complots ont fleuri ces dernières années sans toutefois qu'une vérité soit arrêtée. Si la conspiration existe bel et bien, l'enquête du procureur de la Nouvelle-Orléans Jim Garrison l'a largement prouvée, l'histoire officielle a toujours des doutes sur les instigateurs. Eh bien "A qui profite le crime ? ". A beaucoup de monde certes. Mais en tout cas, la mort de John Kennedy a bien arrangé les affaires de Lyndon B. Johnson. Primo, sa première mesure de président fut d'abandonner le projet de loi visant à abolir les avantages fiscaux des groupes pétroliers. Secondo, le 27 septembre 1964, la commission Warren désignée par LBJ et chargée d'enquêter sur l'assassinat de Kennedy, a rendu des conclusions inacceptables, à savoir que Lee Harvey Oswald a agit seul. Tercio, des bruits de couloir à la Maison Blanche indiquaient l'intention de Kennedy de remplacer Johnson lors de la campagne électorale de 1964 en raison de son implication dans quatre enquêtes criminelles. Ces mêmes quatre enquêtes qui furent classées une fois Johnson président. L'histoire nous dira à quel degré les révélations de Clyde Tolson se sont arrangées avec la vérité.
vendredi 6 mars 2009
Rachida Dati, si différente ?

(Photo : www.juliensanchez.fr/
mercredi 4 mars 2009
Béchir inculpé. Et maintenant ?
Les réactions suite à l'émission de ce mandat d'arrêt international sont très mitigées. Les Darfouris l'ont accueilli dans la liesse, cela va sans dire. Certains pays - essentiellement occidentaux - ont applaudi la nouvelle et appelé le gouvernement de Khartoum à coopérer avec la CPI. Mais ils craignent que les conséquences soient défavorables à la population du Darfour. A juste titre puisqu'une dizaine d'organismes humanitaires ont, dès ce matin, été contraints de quitter le Darfour, laissant une fois de plus les plus fragilisés à leur triste sort. Et d'autres, comme l'Afrique du Sud et la Libye - à la tête de l'Union Africaine - redoutent selon la version officielle un embrasement dans une région déjà suffisamment déstabilisée. La Chine, quant à elle, pense d'abord à préserver ses intérêts pétroliers. Une chose est sûre, la réussite de la CPI est inextricablement liée au soutien politique et militaire de la communauté internationale. Car sinon comment envisager l'arrestation et la traduction d'Omar el Béchir devant ses tribunaux si le gouvernement de Khartoum refuse de coopérer ? Et c'est là que le bât blesse. Dans l'incapacité de mettre fin au désastre humanitaire qui se joue dans la région depuis tant d'années, comment la communauté internationale peut-elle aujourd'hui s'élever contre le gouvernement de Khartoum ainsi que contre tous les chefs d'Etat du continent et d'ailleurs qui ont affirmé ne pas tenir compte de cette décision ? Le président soudanais avait déjà prévenu : "Cette décision à venir, ils peuvent se préparer à la ravaler". Un défi à relever pour la communauté internationale et l'ONU qui jouent leurs dernières cartes au risque de perdre définitivement toute crédibilité, et pas seulement dans la région. Pendant ce temps, les Darfouris attendent... et l'on sait dans quelles conditions...
G aimé... le trait de crayon


Connaissez-vous Vendredi Hebdo ?
